Avis Google visant un avocat ou un cabinet : faire le tri

    Vous connaissez le droit de la presse, mais un avis Google sur votre propre cabinet pose des questions différentes : le secret professionnel vous empêche de répondre sur le fond, la partie adverse peut s'exprimer comme un client, et un procès perdu n'est pas une faute. Cette page s'adresse aux avocats qui souhaitent faire examiner un avis par un tiers, avant de décider de la suite.

    Publié par la rédaction avis24 · Mis à jour le · 8 min de lecture

    Un avocat peut-il faire supprimer un avis Google négatif ?

    Oui, lorsque l'avis enfreint le règlement de Google ou la loi : auteur sans lien avec le cabinet, partie adverse en situation de conflit d'intérêts, accusation précise et fausse, injure ou informations personnelles exposées. La déception sincère d'un client, même après un procès perdu ou une facture contestée, reste en revanche une opinion que Google laisse en ligne.

    La particularité de votre profession tient à deux points. D'abord, vos contradicteurs naturels, les parties adverses, ont souvent un motif de vous en vouloir et un accès facile à votre fiche. Ensuite, votre secret professionnel vous prive de presque tous les moyens de vous expliquer publiquement.

    L'avis de la partie adverse

    C'est la situation la plus spécifique au métier d'avocat. L'adversaire de votre client, ou un proche de celui-ci, publie un avis une étoile pour vous discréditer, parfois pendant la procédure. Le règlement de Google interdit les contenus publiés en situation de conflit d'intérêts, ainsi que ceux qui ne reflètent pas une expérience réelle avec l'établissement.

    L'argument est sérieux, mais il demande de la rigueur. Google peut considérer que la partie adverse a eu une interaction avec vous (courriers, audience, négociation). La démonstration repose donc sur le fait qu'elle n'a jamais été cliente et que son avis s'inscrit dans un litige où elle vous fait face. Les indices utiles :

    • un nom ou un pseudonyme rattachable, à partir d'éléments publics, à une partie ou à son entourage ;
    • une chronologie parlante : avis publié après une audience, une décision ou une mise en demeure ;
    • un contenu qui décrit votre rôle d'adversaire (« cet avocat a tout fait pour me ruiner ») plutôt qu'une prestation reçue.

    Le signalement ne doit révéler aucun élément couvert par le secret : ni le nom de votre client, ni la nature du dossier. Il est souvent possible de s'appuyer sur le seul contenu de l'avis, qui se désigne lui-même comme celui d'un adversaire. Le cas voisin de l'avis publié par un concurrent relève de la même logique de conflit d'intérêts.

    Les autres situations fréquentes

    Le client qui a perdu son procès

    Un jugement défavorable n'est pas une faute de l'avocat, mais le client ne fait pas toujours la différence. « Avocat incompétent, j'ai perdu » est une appréciation, aussi injuste soit-elle : elle reste en ligne. L'avis devient contestable s'il affirme des faits précis et faux, par exemple « il n'est jamais venu à l'audience » ou « il a laissé passer le délai d'appel », alors que c'est inexact. On entre alors dans le champ de la diffamation, avec son délai de prescription de trois mois.

    Le désaccord sur les honoraires

    Juger ses honoraires trop élevés est une opinion libre. Les contestations d'honoraires disposent par ailleurs d'une voie dédiée devant le bâtonnier, que vous connaissez : c'est là, et non sur Google, que le désaccord a vocation à se régler. Dans votre réponse publique, vous pouvez rappeler sobrement l'existence de voies de règlement des différends, sans évoquer la convention ni les montants.

    La fiche du cabinet et les collaborateurs

    Les avis publiés sur la fiche d'un cabinet visent souvent un associé ou un collaborateur en particulier. L'avis reste rattaché au cabinet, mais une accusation nominative peut être contestée par l'avocat visé à titre personnel. Un avis qui vise un confrère homonyme ou un ancien membre du cabinet installé ailleurs est, lui, hors sujet.

    La personne jamais reçue

    Un appel au standard, une demande de rendez-vous refusée faute de compétence dans la matière ou un premier contact non suivi constituent une interaction. L'avis qui en découle n'est donc pas forcément contestable. Il l'est lorsqu'aucun contact n'a eu lieu, ce qui se démontre plus facilement par les incohérences de l'avis (domaine du droit que vous ne pratiquez pas, ville où vous n'exercez pas) que par vos registres.

    Tableau récapitulatif

    Avis Google visant un avocat : situations courantes, possibilité de contestation et éléments à réunir
    SituationContestable ?Fondement / ce qu'il faut établir
    Client déçu par l'issue du dossierNonOpinion sur une prestation réellement fournie
    Client affirmant un fait précis et faux (audience manquée, délai dépassé)Oui, si c'est fauxDiffamation : fait vérifiable, atteinte à la considération
    Honoraires jugés excessifsNonAppréciation libre ; le litige relève du bâtonnier
    Partie adverse ou proche de celle-ciSouventConflit d'intérêts, absence de relation client
    Confrère concurrent ou ancien collaborateurOuiConflit d'intérêts
    Avis destiné à un homonyme ou à un autre cabinetOuiContenu hors sujet
    Insultes sans fait précisSouventInjure ; contenu offensant au sens du règlement Google

    Répondre dans le respect du secret professionnel

    Le secret professionnel de l'avocat est général et couvre l'ensemble des informations relatives au dossier, y compris en principe l'existence même de la relation avec le client. Une réponse qui confirme qu'une personne a été votre client, rappelle les diligences accomplies ou évoque l'issue du dossier vous expose, quelle que soit la provocation.

    Les règles professionnelles encadrent en outre la communication des avocats, qui doit rester digne, loyale et mesurée. Une réponse type, utilisable sous tous les avis :

    « Tenus au secret professionnel, nous ne commentons aucun dossier ni aucune relation avec un client, réelle ou supposée. Toute personne souhaitant échanger avec le cabinet peut nous contacter directement. »

    Face à l'avis d'une partie adverse, résistez à la tentation de signaler publiquement qu'il s'agit d'un adversaire : cette précision révèle elle-même l'existence d'un litige et parfois l'identité de votre client. Le sujet a sa place dans le signalement à Google, formulé à partir de ce que l'avis dit lui-même.

    Ce qui ne sera pas retiré

    Un avis sévère sur votre disponibilité, vos délais de réponse, votre pédagogie ou vos honoraires, publié par un client réel et sans fait inventé, ne sera pas supprimé. Une seule étoile, sans commentaire, de la part d'une personne qui vous a effectivement consulté, non plus : notre guide sur l'avis une étoile sans texte précise ce point. Et aucune démarche ne peut s'appuyer sur une contrepartie offerte à l'auteur.

    Ce que fait avis24, et ce qu'il ne fait pas

    avis24 n'est pas un cabinet d'avocats et ne vous délivre aucun conseil juridique. Notre rôle est opérationnel : analyser gratuitement chaque avis au regard du règlement de Google, vous remettre une évaluation écrite, puis, sur mandat, présenter et suivre la demande auprès de Google par ses canaux officiels. Vous gardez la maîtrise de toute action judiciaire, que vous la meniez vous-même, la confiiez à un confrère ou à l'un de nos avocats partenaires indépendants.

    Vous ne réglez nos honoraires que si l'avis est effectivement retiré ; les montants figurent sur la page tarifs. Pour comprendre la manière dont nous travaillons, consultez qui nous sommes, puis soumettez l'avis concerné.

    Questions fréquentes

    Un ancien client prétend que j'ai « oublié » son audience. Que puis-je faire ?

    Si c'est faux, l'avis impute un fait précis qui porte atteinte à votre considération professionnelle et peut être contesté, auprès de Google puis éventuellement en justice. Votre réponse publique ne doit pas pour autant détailler le dossier : le secret professionnel s'applique même lorsque le client le rompt de son côté.

    La partie adverse a publié un avis pendant la procédure. Google le retirera-t-il ?

    C'est possible si le signalement démontre le conflit d'intérêts et l'absence de relation client, mais Google n'est pas tenu de suivre votre analyse. La réussite dépend des éléments que l'on peut produire sans révéler le dossier de votre client.

    Puis-je mentionner la procédure devant le bâtonnier dans ma réponse ?

    Rappeler, en termes généraux, que des voies de règlement des différends existent est envisageable. Indiquer qu'une procédure est en cours avec cette personne revient en revanche à confirmer une relation et un litige : à éviter.

    Pourquoi passer par avis24 si je peux agir moi-même ?

    Vous le pouvez, et beaucoup d'avocats le font. Certains préfèrent déléguer le suivi des signalements et des appels auprès de Google, qui prend du temps, et obtenir un regard extérieur sur la solidité de la contestation. Le choix d'une action judiciaire reste entièrement le vôtre.

    L'avis vise un collaborateur qui a quitté le cabinet. Est-il contestable ?

    S'il décrit une prestation fournie lorsque ce collaborateur exerçait au cabinet, l'avis reste en principe légitime. S'il concerne son activité actuelle dans une autre structure, il est hors sujet pour votre fiche et peut être signalé.

    Les règles de communication de la profession m'empêchent-elles de répondre aux avis ?

    Non, mais elles imposent une réponse digne et mesurée, à laquelle s'ajoute le secret professionnel. Une réponse générale et identique pour tous les avis sensibles est la solution la plus sûre.

    Sources officielles

    Ce contenu est informatif et ne remplace pas un conseil juridique adapté à votre situation.

    Un avis vous semble contestable ?

    Nous l'analysons gratuitement et vous disons par écrit s'il existe un motif sérieux de suppression.

    Faire analyser un avis