Un avocat peut-il faire supprimer un avis Google négatif ?
Oui, lorsque l'avis enfreint le règlement de Google ou la loi : auteur sans lien avec le cabinet, partie adverse en situation de conflit d'intérêts, accusation précise et fausse, injure ou informations personnelles exposées. La déception sincère d'un client, même après un procès perdu ou une facture contestée, reste en revanche une opinion que Google laisse en ligne.
La particularité de votre profession tient à deux points. D'abord, vos contradicteurs naturels, les parties adverses, ont souvent un motif de vous en vouloir et un accès facile à votre fiche. Ensuite, votre secret professionnel vous prive de presque tous les moyens de vous expliquer publiquement.
L'avis de la partie adverse
C'est la situation la plus spécifique au métier d'avocat. L'adversaire de votre client, ou un proche de celui-ci, publie un avis une étoile pour vous discréditer, parfois pendant la procédure. Le règlement de Google interdit les contenus publiés en situation de conflit d'intérêts, ainsi que ceux qui ne reflètent pas une expérience réelle avec l'établissement.
L'argument est sérieux, mais il demande de la rigueur. Google peut considérer que la partie adverse a eu une interaction avec vous (courriers, audience, négociation). La démonstration repose donc sur le fait qu'elle n'a jamais été cliente et que son avis s'inscrit dans un litige où elle vous fait face. Les indices utiles :
- un nom ou un pseudonyme rattachable, à partir d'éléments publics, à une partie ou à son entourage ;
- une chronologie parlante : avis publié après une audience, une décision ou une mise en demeure ;
- un contenu qui décrit votre rôle d'adversaire (« cet avocat a tout fait pour me ruiner ») plutôt qu'une prestation reçue.
Le signalement ne doit révéler aucun élément couvert par le secret : ni le nom de votre client, ni la nature du dossier. Il est souvent possible de s'appuyer sur le seul contenu de l'avis, qui se désigne lui-même comme celui d'un adversaire. Le cas voisin de l'avis publié par un concurrent relève de la même logique de conflit d'intérêts.
Les autres situations fréquentes
Le client qui a perdu son procès
Un jugement défavorable n'est pas une faute de l'avocat, mais le client ne fait pas toujours la différence. « Avocat incompétent, j'ai perdu » est une appréciation, aussi injuste soit-elle : elle reste en ligne. L'avis devient contestable s'il affirme des faits précis et faux, par exemple « il n'est jamais venu à l'audience » ou « il a laissé passer le délai d'appel », alors que c'est inexact. On entre alors dans le champ de la diffamation, avec son délai de prescription de trois mois.
Le désaccord sur les honoraires
Juger ses honoraires trop élevés est une opinion libre. Les contestations d'honoraires disposent par ailleurs d'une voie dédiée devant le bâtonnier, que vous connaissez : c'est là, et non sur Google, que le désaccord a vocation à se régler. Dans votre réponse publique, vous pouvez rappeler sobrement l'existence de voies de règlement des différends, sans évoquer la convention ni les montants.
La fiche du cabinet et les collaborateurs
Les avis publiés sur la fiche d'un cabinet visent souvent un associé ou un collaborateur en particulier. L'avis reste rattaché au cabinet, mais une accusation nominative peut être contestée par l'avocat visé à titre personnel. Un avis qui vise un confrère homonyme ou un ancien membre du cabinet installé ailleurs est, lui, hors sujet.
La personne jamais reçue
Un appel au standard, une demande de rendez-vous refusée faute de compétence dans la matière ou un premier contact non suivi constituent une interaction. L'avis qui en découle n'est donc pas forcément contestable. Il l'est lorsqu'aucun contact n'a eu lieu, ce qui se démontre plus facilement par les incohérences de l'avis (domaine du droit que vous ne pratiquez pas, ville où vous n'exercez pas) que par vos registres.
Tableau récapitulatif
| Situation | Contestable ? | Fondement / ce qu'il faut établir |
|---|---|---|
| Client déçu par l'issue du dossier | Non | Opinion sur une prestation réellement fournie |
| Client affirmant un fait précis et faux (audience manquée, délai dépassé) | Oui, si c'est faux | Diffamation : fait vérifiable, atteinte à la considération |
| Honoraires jugés excessifs | Non | Appréciation libre ; le litige relève du bâtonnier |
| Partie adverse ou proche de celle-ci | Souvent | Conflit d'intérêts, absence de relation client |
| Confrère concurrent ou ancien collaborateur | Oui | Conflit d'intérêts |
| Avis destiné à un homonyme ou à un autre cabinet | Oui | Contenu hors sujet |
| Insultes sans fait précis | Souvent | Injure ; contenu offensant au sens du règlement Google |
Répondre dans le respect du secret professionnel
Le secret professionnel de l'avocat est général et couvre l'ensemble des informations relatives au dossier, y compris en principe l'existence même de la relation avec le client. Une réponse qui confirme qu'une personne a été votre client, rappelle les diligences accomplies ou évoque l'issue du dossier vous expose, quelle que soit la provocation.
Les règles professionnelles encadrent en outre la communication des avocats, qui doit rester digne, loyale et mesurée. Une réponse type, utilisable sous tous les avis :
« Tenus au secret professionnel, nous ne commentons aucun dossier ni aucune relation avec un client, réelle ou supposée. Toute personne souhaitant échanger avec le cabinet peut nous contacter directement. »
Face à l'avis d'une partie adverse, résistez à la tentation de signaler publiquement qu'il s'agit d'un adversaire : cette précision révèle elle-même l'existence d'un litige et parfois l'identité de votre client. Le sujet a sa place dans le signalement à Google, formulé à partir de ce que l'avis dit lui-même.
Ce qui ne sera pas retiré
Un avis sévère sur votre disponibilité, vos délais de réponse, votre pédagogie ou vos honoraires, publié par un client réel et sans fait inventé, ne sera pas supprimé. Une seule étoile, sans commentaire, de la part d'une personne qui vous a effectivement consulté, non plus : notre guide sur l'avis une étoile sans texte précise ce point. Et aucune démarche ne peut s'appuyer sur une contrepartie offerte à l'auteur.
Ce que fait avis24, et ce qu'il ne fait pas
avis24 n'est pas un cabinet d'avocats et ne vous délivre aucun conseil juridique. Notre rôle est opérationnel : analyser gratuitement chaque avis au regard du règlement de Google, vous remettre une évaluation écrite, puis, sur mandat, présenter et suivre la demande auprès de Google par ses canaux officiels. Vous gardez la maîtrise de toute action judiciaire, que vous la meniez vous-même, la confiiez à un confrère ou à l'un de nos avocats partenaires indépendants.
Vous ne réglez nos honoraires que si l'avis est effectivement retiré ; les montants figurent sur la page tarifs. Pour comprendre la manière dont nous travaillons, consultez qui nous sommes, puis soumettez l'avis concerné.